Mon pardon est ma liberté, mes limites sont ma dignité

Publié le 13 février 2026 à 10:37
Colombes blanches quittant une cage ouverte face à l’horizon lumineux, symbole de libération intérieure, de pardon et de respect de soi.

Dans un monde où tout va vite, où les relations se font et se défont au rythme des notifications, une vérité demeure intemporelle : le pardon nous libère, et les limites nous protègent. Ces deux forces, loin d’être opposées, sont profondément complémentaires. L'une nous allège du passé, l'autre construit notre avenir.

Le pardon : un acte de libération intérieure

On confond souvent le pardon avec l'oubli, l'excuse ou la faiblesse. Pourtant, pardonner ne signifie pas minimiser la blessure ni nier la responsabilité de l'autre. Pardonner, c'est refuser de rester prisonnier de la douleur.

Lorsque nous gardons rancune, nous restons liés à l'événement et à la personne qui nous a blessés. Nous revivons la scène, nous alimentons la colère, et nous laissons cette énergie peser sur notre présent. Le pardon, au contraire, est un acte profondément personnel, il ne dépend pas des excuses de l'autre. Il est un choix intime.

Comme l'a écrit Nelson Mandela« Le ressentiment, c'est comme boire du poison et espérer que l'autre en meure. »

Pardonner, c'est poser ce verre. C'est décider que notre paix intérieure vaut plus que notre besoin d'avoir raison.  Le pardon ne change pas le passé. Mais il change notre rapport au passé. Il transforme une blessure en leçon, une trahison en prise de conscience, une injustice en maturité.

Les limites : l'expression de notre dignité

Si le pardon nous libère, les limites nous structurent.  Poser des limites, ce n'est pas rejeter l'autre. Ce n'est pas être dur ou fermé. C'est reconnaître que nous avons une valeur, des besoins, des principes. C'est dire :  « Je me respecte suffisamment pour ne pas accepter ce qui prétend me bénir. »

Trop souvent, par peur de perdre l'autre, d'être jugé ou de paraître égoïste, nous tolérons l'inacceptable. Nous excusons les comportements irrespectueux. Nous restons dans des situations qui nous diminuent.  Or, la dignité commence là où la complaisance s'arrête.

Poser des limites claires, c'est enseigner aux autres comment nous traiter. C'est affirmer que l'amour, l'amitié ou la collaboration ne peuvent exister sans respect. C'est aussi accepter que certaines personnes s'éloigneront lorsque nous commencerons à nous affirmer. Et c'est très bien ainsi.  Car toute relation qui exige le sacrifice de notre dignité n'est pas une relation saine.

Pardonner ne signifie pas tout accepter

Voici le point essentiel : pardonner n'oblige pas à rester.

On peut pardonner une trahison et choisir de ne plus faire confiance.
On peut pardonner un manque de respect et décider de prendre ses distances.
On peut pardonner une blessure et refuser qu'elle se reproduise.

Le pardon agit à l'intérieur.  Les limites de réaction, à l'extérieur.  Ensemble, ils forment un équilibre puissant :

  • Le pardon nettoie le cœur.

  • Les limites protègent l'âme.

Sans pardon, nous devenons amers.  Sans limites, nous devenons vulnérables à répétition.

Grandir à travers les épreuves

Chaque blessure est une invitation à mieux se connaître. Elle révèle nos fragilités, mais aussi notre force. Pardonner demande du courage. Poser des limites exige de la solidité intérieure. Ces deux démarches exigent une conscience de soi et un amour propre sincère.

Choisir le pardon, c'est choisir la paix.  Choisir des limites, c'est choisir le respect.  Et lorsque la paix intérieure rencontre le respect de soi, une transformation profonde s'opère : nous ne réagissons plus par peur ou par colère, mais par clarté.

Liberté et dignité, les deux piliers d'une vie alignée

« Mon pardon est ma liberté, mes limites sont ma dignité » n'est pas qu'une belle phrase. C'est une philosophie de vie.  Elle nous rappelle que :

  • Nous ne sommes pas obligés de porter éternellement nos blessures.

  • Nous ne sommes pas obligés d'accepter ce qui nous détruit.

  • Nous avons le droit de guérir et le devoir de nous respecter.

Le pardon nous rend libres du passé.  Les limites nous rendent souverains dans le présent.  Et c'est dans cet équilibre que naît une vie plus sereine, plus forte, et étroitement alignée avec ce que nous sommes.

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Commentaires

Enam
il y a 3 jours

Ce texte est profond et très actuel. Elle nous rappelle avec justesse que l'importance du pardon et la nécessité de fixer des limites. C'est un message à la fois lucide, apaisant et inspirant

Junior Fridolin ENYEGUE
il y a 3 jours

Ton texte est d’une justesse remarquable. Tu mets des mots clairs et puissants sur deux réalités que beaucoup vivent sans toujours savoir les nommer : la libération que procure le pardon, et la force tranquille que représentent les limites. J’ai particulièrement aimé la manière dont tu montres qu’ils ne s’opposent pas, mais qu’ils se complètent pour construire une vie plus alignée, plus consciente, plus digne.

Tu rappelles avec finesse que pardonner n’est pas oublier ni excuser, mais choisir la paix intérieure. Et que poser des limites n’est pas rejeter, mais se respecter. Cette vision est à la fois apaisante et responsabilisante.

Merci pour ces mots qui résonnent, qui éclairent, et qui invitent chacun à se recentrer sur l’essentiel : la liberté du cœur et la dignité de l’âme. Une lecture qui fait du bien.

E2HG
il y a 3 jours

Pardonner nous met au-dessus de l'offense, c'est chercher à comprendre ce qui a motivé notre vis-à-vis à nous porter du tort. Mais que faire lorsque cela devient persistant, voire obsessionnel. Doit-on toujours "Boire ce poison" et espérer que l'autre changerait ? Et que dire de la loi du talion qui, face à cette situation semble avoir tout ses sens et poids? C'est vrai: le pardon libère. Cependant, "on n'oublie rien, on vit et fait avec" De ce point de vue, celui qui été offensé même s'il pardonne, garde enfoui en lui une envie de revanche voire, de vengeance.
Ce qui me pousse à dire qu'il faut passer inéluctablement par une trahison pour comprendre ce que cela représente une fois le pardon accordé. Là, on peut se fixer et fixer des limites à ne franchir pour notre bien et celui de notre semblable. Les douleurs les qui mettent du temps à finir sont celles qu'on ne voit sur le corps physique.

Christal
il y a 3 jours

C’est un très beau texte, mature, équilibré et utile.
Il ne vend ni le pardon naïf, ni la dureté défensive : il propose une posture saine, digne et libre. On sent que ce n’est pas juste de la théorie, mais quelque chose de vécu ou profondément intégré.

Bravo KAYIZILANGA
il y a 3 jours

Le pardon est la clé, en effet.
Mettre des limites demande beaucoup de force et peut faire très mal, surtout quand c'est quelqu'un à qui nous sommes très attachés.

Ndjana Junior
il y a 3 jours

Merci beaucoup pour ces belles leçons que tu partages.

La complaisance est une épine qui édulcore la dignité humaine, l'entretenir revient à vivre sans personnalité. Comme tu l'as si bien dit, pardonné c'est bien, c'est même nécessaire ; mais il faut avoir des limites qui puissent nous protéger de l'extrémisme que développe parfois ceux qui nous offensent.

Ngamou Mendjeu Hulda
il y a 3 jours

J’aime vraiment cet article. Très belle plume OZEN.

Ozen B. Tatiana
il y a un jour

Merci à chacun pour vos mots et vos réflexions. Vos retours montrent combien ces sujets sont profonds, personnels et parfois complexes. Heureuse que ce texte ait pu ouvrir un espace de réflexion et de partage. 🤍